La lettre du moment

Frantz de François Ozon, sera le prochain film de nos mardis cinéphiles : le mardi 4 février 2020. Puisque nous en sommes aux séries (involontaires) nous pouvons dire que ce sera le deuxième (et non pas le second) film de la saison sur la culpibilité. Mais quel était le premier ?

La fréquentation de l’auditorium, les soirs de ciné-club sont toujours aussi encourageantes. Vendredi 29 novembre, c’était pour “Sonate d’Automne” d’Ingmar Bergman avec Indgrid Bergman et Liv Ulmann.Le travail de recherche et de réflexion personnelle d’Odete Dupuy est passé dans la salle et .Compte tenu de la dureté du thème du film, de sa réalisation et de son interprétation, la pertinence des interventions des adhérents était impressionnante. Il y a eu aussi le formidable “Julieta” de Pedro Almodovar qui a confirmé cette impression le 20 décembre.

Nous avons eu une soirée “comédie” le 10 janvier. Bertrand Rabany nous a présenté “Copacabana” de Marc Fitoussi avec Isabelle Huppert virevoltante et époustouflante. La salle était une fois de plus presque pleine.

Les films de début de saisons ont tous donnés lieu à de vifs débats. Un coup d’oeil à la programmation nous laisse bien augurer de la suite.

Merci à tous.

Films en salle.

Nous conseillons Le film “français” de Hirako Kore-Eda  “La vérité”, aucun réalisateur n’avait fait jouer aussi subtiliement Catherine Deneuve depuis…très longtemps, et lorsque la réplique lui est donnée par Juliette Binoche, cela  nous offre un grand film aux rôles masculins presque effacés. “Notre dame” est encore à l’affiche à l’heure où nous mettons sous presse, et le très fin “La Sainte famille” de Louis Do De Lencquesaing avec un casting féminin incroyable, on y voit entre autre, Marthe Keller et Brigitte Auber, eh oui ! la manipulatrice de Cary Grant dans “La main au collet “ de 1955.

Discussions autour du dernier film : Copacabana un adhérent PAtrick Pesnel. Nous restituons vos commentaires avec, éventuellement en bleu, les nôtres n’hésitez à envoyer des mails

Encore une bonne soirée avec un film que je ne serais jamais allé voir au cinéma
Très bon choix donc
Ça m avait fait pareil avec « je ne suis pas là pour être aimé » avec Patrick Chesnais
Une comédie française pas balourde , tendre et drôle.  Bien interprétée et mise en scène

Loin de la tragédie d Almodovar et du drame psychologique de Bergman , le film n était je pense pas centré sur les rapports mère fille
J ‘ ai trouvé en revanche qu il se rattachait à « La Dérive »
Il aurait pu s appeler « une cigale parmi les fourmis »
Pour moi , Isabelle Huppert ,   C’ est le personnage qu incarnait Linda Bastide , mais 30 ans plus loin

Dans « la dérive » , le personnage principal était un parasite qui ne s’ assumait pas financièrement et qui vivait aux crochets d un guitariste. Pierre Barouh dans son propre rôle
Une fois quittée elle avait besoin d une chambre et couchait avec un étudiant.

Puis avec un bellâtre doté d une décapotable.
Puis avec un vieux beau doté d une villa.
De temps en temps elle squattait chez sa mère , elle refusait les avances d un amoureux transi , et finissait par parasiter un peintre après avoir raté une tentative professionnelle.
On comprend que ce n’ était que le début de sa dérive ……

Dans « Copacabana » Isabelle Huppert , bien décatie , abuse de liens amicaux qu elle n a pas su entretenir , elle refuse les avances de son amoureux transi , elle squatte chez sa fille ….. elle est inapte amoureusement , socialement , professionnellement
Pas par incapacité technique , qand elle veut elle peut , mais par tempérament.
C est une cigale , elle n a pas de projet de vie plus loin que le bout de son nez
Sa fille qui a subi une vie de cigale , a quant à elle choisi une vie de fourmi 🐜
Finalement Isabelle part dans son bus avec d’autres cigales vers un avenir incertain car ce n est pas dans son caractère de se fixer et de s attacher
Elle continue sa dérive ….

Bref c est une écervelée égocentrique dépendante du bon vouloir et de la générosité des autres , qui ne se assume pas financièrement et que son gain miraculeux au casino (merci le scénario) sauve du suicide ou de la clochardisation
Linda Bastide 30 ans après , une gamine en plus , mai 68 passé par là…

Le talent du réalisateur est de transformer ce parasite en héroïne car une cigale est séduisante pour des fourmis et elle séduit ds le film comme elle a séduit ds la salle
« Personnage solaire qui amène de la fantaisie et de la gaieté ds un monde gris »
Ces commentaires sur le personnage ne s’ appliqueraient sans doute pas ds la vraie vie si on côtoyait ce genre de personnes
C est le propre du cinéma et du romanesque en général de transformer un personnage lambda en héros et là , c’est réussi
On sourit , on rit   , Et c est un très bon moment.